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"Les arts sont enracinés dans la substance, dans notre corps humain, dans la couleur, dans la vibration de la voix : lorsque le corps s'investit dans l'entreprise de l'esthétique, il est alors soumis à l'action qui consiste à animer et à éclairer la continuité entre temporalité et éternité, entre matière et esprit, entre l'homme et l'autre" George Bertin
Claire Marie Gosselin M.A., reconnue professionnellement depuis 1988, a participé à plusieurs expositions au Canada, au Mexique, en Europe et aux États-Unis. Depuis 1999, l'artiste s'investit dans la démocratisation de l'art et enseigne la peinture ainsi que les théories de la couleur de Johannes Itten.
Après plusieurs années de travail expérimental en peinture, photographie et performance, les récentes huiles sur toile de lin de la série :
LES MILLE ET UNE îLES 2010
sont le résultat d'une randonnée par un beau matin. À travers ce fait anodin, les tableaux adressent un questionnement actuel sur le mystère christique, ce mouvement perpétuel de survivance intellectuelle et dévot qui alimente la recherche formelle de l'artiste.
Ce matin-là, marcher au bord de la rivière des Mille îles a duré mille ans. Une marche semblable au fil de la vie. Une heure entre le semblable et le dissemblable. Ainsi sont apparus les mille et un reflets ondulatoires de l'espace bidimensionnel. Cet espace fatidique entre le support et la surface, Là où le Ça, miroite les vanités des vanités de ce monde d'où s'échappe, surgit, s'estompe, se multiplie, meurt et revit sans cesse la frénésie du mouvement.
Les mille et une pierres rencontrées sur le trajet sont devenues les sujets de cette peinture à l'aspect sculpturale. L'immanence des tableaux plonge le regard aux abords d'une solitude singulière où les contrastes se côtoient, s'entrechoquent tel un mouvement continu. La vague des survivances fait son lit sur le support, accueillant les couleurs et les pigments holographiques. Ceux-ci produisent un effet cinétique inatendu de la surface picturale qui malencontreusement se dérobe sous l'effet photographique.
L'artiste invite le spectateur sur un parcours bien réel, au coeur même du questionnement actuel sur le sacré.
LIEUX SACRÉS,Bruissement des glaces, 2008
Les médiums utilisés sont de l'huile et des pigments sur toile. Les oeuvres en peinture tonale, sont construites à partir de gris coloré, bleu indigo et de blancs de titane et de zinc. Les divers pigments utilisés, déjouent l'oeil du spectateur en créant un effet cinétique de la surface.
Le travail dénote une préoccupation pour le mystère, compris comme action divine sur la matière. Ainsi, les oeuvres juxtaposent des éléments aussi antithétiques que la lumière et l'ombre, la translucidité et l'opacité. Les matières s'enflamment et s'humectent par des jeux de surface entre le texturé et le nébuleux, le solide et le liquide. Les sujets représentent des paysages extrêmes qui sont à la fois réels et intemporels.
Ces lieux suggérent au spectateur un monde de froidure infinie, ou la poésie du geste évoque la possibilité de l'au-delà.
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