portrait
Peintre et pharmacienne
Une question de feeling
Monique Daneau est pharmacienne à Waterloo, près de Bromont. Mais elle est également une artiste peintre dont les tableaux se retrouvent dans plusieurs expositions au Québec et à l’étranger.
Par Mélanie Alain
Avant le début de l’entrevue, il était déjà clair que les gens passionnent Monique Daneau. L’interviewée est celle qui pose les questions à la jour- naliste ! « J’ai la capacité de faire par- ler les gens, même les grands silen- cieux », déclare-t-elle alors. Mais une fois les rôles renversés, il est également clair que la pharma- cienne est animée d’un feu intérieur que la peinture alimente davan- tage.
Pharmacienne depuis 1990, Monique Daneau s’est organisée pour travailler deux ou trois jours par semaine. Elle n’est pas proprié- taire et ne tient pas non plus à le devenir. « Il y a des périodes où il est
« L’art est une façon de parler aux gens, confie Monique Daneau. On me dit parfois que je ne devrais pas parler de certaines choses, alors, plutôt que de les dire en mots, j’en parle à travers mes toiles. »
plus difficile de concilier l’art, la pharmacie et les enfants, affirme-t- elle. Mais ma devise est de m’occuper de mes enfants et de vivre. Il me faut un équilibre. Je ne serais pas capable non plus de ne faire que de la pein- ture. » En outre, son penchant artisti- que se manifeste à travers la couture qu’elle fait depuis dix ans et les cours qu’elle a pris par correspondance en décoration intérieure, donne-t-elle en exemples.
Elle encourage également ce type d’équilibre dans la vie de ses patients. « En plus de leur traite- ment, je dis à mes patients de pren- dre des cours de yoga. Je les incite à faire de l’art. Ils m’en remercient plus tard. » Et ses deux enfants, maintenant adolescents, peignent aussi depuis l’âge de trois ans !
Une catharsis
« L’art est une façon de parler aux gens, confie Monique Daneau. On me dit parfois que je ne devrais pas parler de certaines choses, alors, plutôt que de les dire en mots, j’en parle à travers mes toiles. »
Elle peint en moyenne deux ou trois fois par semaine, selon les émotions qui l’inspirent. « Je pense à quelqu’un, je suis triste, je fais une toile. » Ce qui inclut notamment ses patients. Par exemple, si l’un d’entre eux décède, elle peint un tableau en pensant à lui. Puis, elle ajoute en riant : « Plus mes enfants entrent dans l’adolescence, plus ils sont stressants et plus mes toiles sont calmes. »
Selon Monique Daneau, il y a un parallèle à faire entre la peinture et la pharmacie, comme l’avait écrit une galerie new-yorkaise à son sujet. « Faire de la peinture, c’est comme être un chercheur en labo- ratoire qui expérimente, qui fait des essais et des erreurs », explique l’ar- tiste. Par ailleurs, elle aime rencon- trer des gens au comptoir ou en consultation, mais aussi lorsqu’elle expose et vend des toiles.
Mais d’où vient ce côté artistique ? « Ma mère est une artiste et mon père était ingénieur, explique-t-elle. J’ai toujours été divisée entre les deux. Mon père voulait que je fasse de la pharmacie. Mais le côté de ma mère aussi doit éclater. »
La peinture, une deuxième profession Il arrive parfois à Monique Daneau de vendre des toiles. « Je n’en vivrais pas, mais cela bouge. Les gens n’ont pas beaucoup d’argent pour l’art présentement. Je ne veux pas que seuls les gens aisés achètent mes toi- les. » Elle assure toutefois peindre toujours pour le plaisir, jamais pour vendre.
La pharmacienne peint depuis maintenant 16 ans. Elle dit s’inspi- rer des impressionnistes, comme Monet et Renoir (pour les couleurs orangées), ou encore des peintres québécois Jean-Paul Lemieux et Marc-Aurèle Fortin (pour les couleurs terre).
Tout récemment et en moins d’une année, son statut est passé d’artiste professionnelle de la relève à artiste professionnelle au sein de l’Acadé- mie internationale des Beaux-Arts du Québec. Par ailleurs, elle fait par- tie du Cercle des artistes peintres et sculpteurs du Québec (CAPSQ), une association qui lui a permis notamment d’exposer à Bruges.
À la mi-octobre, elle a également obtenu le deuxième prix dans la catégorie Art contemporain/abs- trait à l'Expo-concours de l'Asso- ciation des artistes peintres associés de la Rive-Sud (AAPARS).
Dans une galerie près de chez vous... Monique Daneau a exposé dans dif- férentes galeries à travers le monde, incluant à New York, en Belgique, en Italie et en Inde. Ces œuvres font éga- lement partie d’expositions perma- nentes, comme à Montréal et à Durham-Sud. La Galerie Artéria à Bromont et l’Agora Gallery à New York font notamment la promotion de ses tableaux. En janvier 2012, elle participera aussi au London Art Fair. ?
Pour voir quelques expositions des toiles de Monique Daneau au Québec (www.moniquedaneau.com) :
? Exposition permanente Galerie L’espace contemporain 5175, avenue Papineau Montréal ? Exposition permanente Galerie MP Tresart 220, rue Hôtel-de-ville Durham-Sud ? Avril à juin 2012 Clinique NouveauMEd 1695, boulevard Saint-Joseph Est, bureau 102 Montréal
34 | l’actualité pharmaceutique | www.ProfessionSante.ca | novembre 2011