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Au fil des années, Claudine Dontigny a exploré plusieurs approches picturales sans jamais cesser d’évoluer. De 1985 à 2014, son travail traverse une importante période marquée par les aplats, avant que les textures, amorcées au début des années 2000, prennent progressivement une place centrale dans sa recherche. Par le jeu des formes et des couleurs, en étroite résonance avec la poésie, son œuvre évolue vers une forme d’impression sensible où elle cherche à se situer entre figuration et abstraction, dans une mobilité contenue à l’intérieur même de l’immobilité.
La figuration déclenche chez elle de vastes mouvements intérieurs, tandis que l’immobilité ouvre sur de grands espaces où se produisent des mouvements sans fin. Cette tension entre présence et silence constitue l’un des axes fondamentaux de sa démarche.
Elle travaille comme une jardinière de la matière et du regard, dans un mouvement orienté vers l’éloquence du silence. Une musique muette semble traverser ses compositions, portée par les strates et les murailles picturales d’où s’échappent des résonances discrètes, comme un diapason de l’absence. Son œuvre devient alors un écho cherchant à nommer la vie partout où elle semble s’être retirée.
Sa recherche porte également sur le regard lié à un moment, à un lieu précis et aux mots des poètes, lesquels deviennent sous son pinceau des entités presque organiques, biologiquement visibles. Les mots demeurent en sécurité dans le poème ; le mot devient regard, puis le regard redevient mot.
À travers cette démarche, Claudine Dontigny pose un regard attentif sur la dynamique de la vie, la nature, l’eau, les oiseaux et la pierre. Le poème agit alors comme une suspension du temps, permettant d’inscrire un signe sur la fugacité des choses.
Le poème demeure présent, les mots restent debout, dans cette mémoire vive d’un maintenant qui ne cesse de s’agrandir.
Mémoire d'échos logis
Une quête à une réponse, à mes interrogations existentialistes, une musique où trempe un paysage simple et beau, un angelico blues. Ce temple de la nature aux innombrables voix, où la couleur et le son , le chant des fleurs, les odeurs de la terre et le rythme d'une strophe se répondent en un chant éperdu de pensées lyriques.
Mémoire d'échos logis s'inspire des poètes de ma région où je partage entre autre une vision du temps de cette manière: Nous écrivons dans la chair de nos songes le bleu liquide des heures nous dit le poète Daniel Dargis.
Mes toiles parlent des limites de l'impénétrable, témoin d'un passé à naître, à disparaître nous dit le poète Alphonse Piché.
Et d'aussi loin que dérive derrière les rochers, tous ces siècles à la voix oubliée, le chagrin dévêtu n'ignore pas les souvenirs nous dit le poète Daniel Dargis.
Suite à cette visite à l'Île Bonaventure, liés à ma série Clameurs, la présence de corps d'oiseaux, de cette passerelle de mouvements de chairs, les empreintes me sont venues d'une visite à Miguasha. Ces empreintes fossilisés de poissons, ouvert à tout vent sans compassion, le visage apatride, depuis longtemps les nuits sans constellations, le temps se referme sur quelques étreintes et de ce silence déverse dans la tristesse dans la pierre, la nuit muette est naufrage nous dit Daniel Dargis.
Alors la terre se nourrit d'empreintes et le ciel se nourrit d'ailes (paroles de Miguel Angel).
Mémoire d’échos logis
Mémoire d’échos logis traduit une quête de réponses aux grandes interrogations existentialistes de Claudine Dontigny. Sa démarche évoque une musique intérieure où se déploie un paysage à la fois simple et profondément habité, un véritable angelico blues. La nature y devient un temple aux voix innombrables, où la couleur, le son, le chant des fleurs, les odeurs de la terre et le rythme des strophes se répondent dans un vaste élan de pensées lyriques.
Cette série puise son inspiration dans les poètes de sa région, avec lesquels l’artiste partage une même perception du temps et de la mémoire. Elle évoque notamment ces vers du poète Daniel Dargis : « Nous écrivons dans la chair de nos songes le bleu liquide des heures. »
Ses toiles abordent les limites de l’impénétrable, ces espaces fragiles entre apparition et disparition, comme le suggère également le poète Alphonse Piché : « témoin d’un passé à naître, à disparaître ».
Dans cette traversée sensible du temps, les œuvres deviennent porteuses de mémoires enfouies, d’échos anciens et de présences silencieuses. Les mots de Daniel Dargis accompagnent encore cette réflexion : « Et d’aussi loin que dérive derrière les rochers, tous ces siècles à la voix oubliée, le chagrin dévêtu n’ignore pas les souvenirs. »
À la suite d’une visite à l’Île Bonaventure, en lien avec sa série Clameurs, Claudine Dontigny est profondément marquée par la présence des oiseaux, par cette passerelle mouvante des corps et des ailes. Plus tard, une visite à Miguasha fait naître une autre dimension de sa recherche : celle des empreintes fossilisées, des traces inscrites dans la pierre et dans le temps.
Ces vestiges deviennent des symboles de mémoire et de disparition, résonnant avec ces mots de Daniel Dargis : « ouvert à tout vent sans compassion, le visage apatride, depuis longtemps les nuits sans constellations, le temps se referme sur quelques étreintes et de ce silence déverse dans la tristesse dans la pierre, la nuit muette est naufrage ».
Ainsi, la terre se nourrit d’empreintes tandis que le ciel se nourrit d’ailes, selon les paroles de Miguel Angel. Entre poésie, mémoire et matière, Claudine Dontigny construit une œuvre où les traces du vivant demeurent suspendues entre silence et résonance.
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